Le recueil clôture sept mois d’ateliers et de résidences d’écriture, organisés en 2025 par les journalistes de l’association Z.E.P auprès de personnes accueillies dans 9 structures Emmaüs.
Dans « Ecrire les marges », cinquante personnes accueillies par Emmaüs témoignent noir sur blanc de leur vie chaotique, quittant la marge à laquelle elles paraissaient assignées. Elles décrivent, tempêtent et reprennent peu ou prou la main sur leur histoire.
Au travers de leurs récits, les auteurs et autrices révèlent une France qui les a souvent stigmatisé·e·s. Ainsi, Massamba, 31 ans, compagnon à la communauté de Brest (35), témoigne de sa désillusion lors de son arrivée en France : « J’imaginais trouver un boulot, gagner beaucoup d’argent, sans que ma situation administrative pose problème, sans avoir à affronter tant de difficultés. La France, pour moi, c’était le pays du vivre ensemble, sans discrimination. »
Il y a également le témoignage d’Arber Jashari, 36 ans, compagnon d’Emmaüs, qui se présente comme « un Français sans papier ». Il explique avec reconnaissance sa rencontre avec la France « pas celle des institutions, mais celle des visages, des gestes simples, de la solidarité au quotidien » lors de son arrivée à la communauté de Norges (25).
L’histoire du projet n’est pas encore terminée puisqu’après la parution du recueil, c’est sur les planches que les récits vont prendre vie. Certains textes, adaptés par la compagnie de théâtre 1000 visages en lien avec leurs auteurs et autrices, vont être joués pour la première fois fin septembre, à l’occasion du festival C’est pas du luxe d’Avignon (84).