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Vacances, refusons l’exclusion !

60 % des personnes modestes (-1200€/mois) ne partiront pas en ‪#‎vacances‬. Partir est désormais une norme sociale et l’absence de vacances un marqueur de pauvreté, d’exclusion. Tribune cosignée par 10 associations membres du Réseau Vacances – Combattre l’exclusion. ATD Quart Monde, Accueil Paysan, AEC Vacances, Emmaüs France, Secours Catholique - Caritas France , Destination partage, Les petits frères des Pauvres, Fédération vacances et familles, Ternelia - Villages Vacances, Vacances ouvertes.

De l’instauration des congés payés il y a 80 ans, à l’objectif national d’accès aux loisirs et aux vacances pour tous en 1998, la ligne est tracée ! Désormais, partir en vacances est un droit attaché à la personne. Pourtant, seulement 60 % des Français partent en vacances et parmi ceux dont les revenus sont inférieurs à 1 200 €, seuls 40 % partent… un peu !

Partir est désormais une norme sociale et l’absence de vacances un marqueur de pauvreté, d’exclusion. Cette période estivale n’est souvent que la triste reproduction de ce qui est vécu tout au long de l’année. Beaucoup de personnes que nos associations accompagnent le disent : « ce n’est pas pour nous ! »

Imaginé, préparé, savouré, le projet de vacances se transforme en souvenir et il éclaire souvent une année entière. Les vacances, pour mieux vivre au quotidien.

Partir « (…) fait partie d’une reconstruction personnelle ; on se sent mieux humainement, on apprend, on prend des responsabilités. La vie ce n’est pas que dans son appartement que ça se passe ! », témoigne une maman. Et que dire des personnes âgées et de leur soif d’espace, de rencontres ? Être « comme tout le monde » est une des expériences fondatrices.

De multiples dynamiques découlent des vacances. Sortir du quotidien, vivre des expériences de bien-être et voici que chacun découvre en lui-même des trésors inexplorés ! Alors, reprendre l’initiative, se lancer dans une formation, une recherche d’emploi, un meilleur logement devient envisageable. Et voilà que le regard des enfants sur leurs parents change considérablement ; les petits peuvent, eux aussi, imaginer devenir acteurs de leur propre vie.

Des mesures solidaires

Pour que ces expériences libératrices puissent être vécues, les salariés, les bénévoles de nos associations et des lieux d’accueil déploient tous leurs talents. Mais, sans partenaires financiers, rien n’est possible ! D’abord l’ANCV (1) qui investit les revenus financiers issus de la commercialisation des chèques vacances, via les Comités d’Entreprise essentiellement, pour le départ de ceux qui vivent dans la précarité, puis les Caisses d’Allocations Familiales, avec à leurs côtés certaines régions et départements.

Les besoins augmentent. Les aides au départ diminuent, alors que chaque euro investi dans le tourisme social contribue, de manière significative, à l’emploi, au développement local et à la richesse nationale. Savez-vous qu’1 € investi dans le tourisme social génère 6 € ? Pourquoi les politiques, les pouvoirs publics semblent-ils l’ignorer ?

Encore plus d’efforts

Notre pays peut-il laisser grandir les exclusions qui, partout, minent le bon exercice de la démocratie ? À l’heure où la relégation sociale est un grave danger, il est urgent que les pouvoirs publics et tous les acteurs concernés lancent des initiatives afin que cet enjeu national ne se trouve pas relégué à un rang secondaire.

Investir, imaginer de nouvelles formes de soutiens financiers, harmoniser les politiques départementales des CAF, améliorer la lisibilité des dispositifs d’aide au départ afin de rendre plus aisé l’exercice de ce droit inaliénable, avec une attention particulière aux plus pauvres, telles sont les urgences !

Nous, associations membres du Réseau Vacances – Combattre l’exclusion, en première ligne dans ce combat, lançons un appel à une large mobilisation pour que ce droit devienne réalité.

(1) Agence nationale pour les chèques-vacances

Photo : Des enfants jouent sur la plage de Trouville-sur-Mer (Calvados)  en  Août 2012  lors d’une l’opération organisée par le Secours Populaire. / Charly Triballeau /AFP

Tribune publiée dans le journal La Croix

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