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EMMAÜS FRANCE
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Emmaüs se mobilise aux côtés des Roms

Expulsions, démantèlements de camps de fortune : des milliers de familles Roms se retrouvent trop souvent à la rue. A Marseille ou à Saint-Etienne, Emmaüs agit pour leur venir en aide.

« Les Roms forment aujourd’hui le public le plus exclu, conspué, rejeté, victime d’ostracisme et de racisme… Emmaüs doit donc évidemment se trouver aux côtés de cette population, l’une des plus discriminées actuellement. » Pour Christophe Deltombe, président d’Emmaüs France, il n’est pas question de rester silencieux face à des situations qui loin de s’améliorer, ne cessent d’empirer. En effet, si la signature d’une circulaire interministérielle « relative à l’anticipation et à l’accompagnement des opérations d’évacuation des campements illicites », le 26 août dernier, avait fait naître quelques espoirs, force est de constater que la réalité n’a pas été à la hauteur. Non seulement ce texte n’a pas été appliqué, mais il a de plus été suivi par de nombreuses évacuations, violentes, dégradantes et à répétition. « Les politiques gouvernementales qui consistent à expulser sont parfaitement insupportables, s’insurge Christophe Deltombe. On nous parle d’un relogement ‘ailleurs’, mais il est pour l’instant toujours illégal… Alors que garantir un toit fait partie des obligations de l’Etat ! » Sans même parler d’accompagnement, de stabilisation, ou d’accès à des droits fondamentaux tels les soins ou la scolarisation… Face à cet état des lieux inacceptable, le Mouvement Emmaüs France se devait de réagir. Et si certains groupes, comme Emmaüs Coup de main et la Fondation abbé Pierre, mènent d’ores et déjà des actions pérennes auprès de ces populations, plusieurs communautés se sont mobilisées dans l’hexagone afin de répondre à des situations d’urgence.

A Saint-Etienne, des mobil homes pour les familles

Depuis quelques mois, la communauté Emmaüs de Saint-Etienne s’investit pour aider des familles Roms expulsées de leur campement. Pour agir vite et efficacement, l’association « Citoyens solidaires 42 » – qui réunit la communauté Emmaüs et d’autres organisations – a été créée, immédiatement suivie par un appel à dons. Suite à une concertation avec le préfet, qui a mis un terrain à disposition, soixante personnes – 10 couples et 40 enfants – ont ainsi pu être relogées dans un village solidaire, composé de dix mobil homes achetés grâce aux dons récoltés. A Emmaüs, ensuite, d’assurer l’aménagement et l’accompagnement. Salle « des savoirs », jardin potager, clapiers, four à pain… Les idées ne manquent pas pour faire de ce lieu un espace de vie sinon durable, au moins agréable. Mais parce que ce village ne doit pas être une finalité, l’association tente de trouver de nouvelles perspectives pour ces familles. Des municipalités des environs ont notamment été contactées, certaines ayant ensuite proposé logements ou travaux au service de la collectivité. « Nous ne pourrons pas nous passer d’une stratégie commune et d’une vision solidaire partagée pour parvenir à intégrer ces familles, explique Maria Guerra, responsable de la communauté Emmaüs Saint-Etienne. Il reste encore 200 adultes et enfants Roms qui vivent dans des squats à Saint-Etienne : il faut donc mobiliser un maximum de villes alentour pour que chacune prenne part à cette démarche. »

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A Marseille, la réquisition citoyenne pour accélérer la dynamique

Emmené par les trois communautés Emmaüs de Marseille – Saint Marcel, Marseille Pointe Rouge et Cabriès -, le « Comité de soutien du 91 boulevard Plombière » a réquisitionné le lundi 12 novembre une ancienne caserne de gendarmerie de la cité phocéenne, inoccupée depuis plusieurs années. Suite à une tempête ayant causé de nombreux dégâts dans leur fragile campement, plusieurs familles Roms avaient été hébergées provisoirement à la Belle de Mai, une paroisse de la ville. Une situation précaire, provisoire… « Trois semaines après cette réquisition, toutes les familles, soit 120 personnes, sont aujourd’hui installées, raconte Anne Issler, responsable de la communauté Emmaüs Marseille Saint-Marcel. Nous demandons désormais que cette réquisition soit rendue légale, et que ces familles puissent relever du droit commun. » En procédant à cette réquisition citoyenne, les membres du comité de soutien avaient en quelque sorte pris de l’avance en transformant en actes les déclarations de la ministre du Logement. Le 31 octobre dernier, Cécile Duflot avait en effet annoncé qu’elle envisageait de réquisitionner des immeubles vides pour héberger des personnes sans toit ou mal logées. « La réquisition à Marseille s’inscrit donc bien dans une démarche d’anticipation, complète Christophe Deltombe. Elle vise à inciter les pouvoirs publics à prendre leurs responsabilités et à avancer en ce sens ». Et Anne Issler d’ajouter : « Marseille compte près de 1500 Roms, presque autant de SDF… Et 40 000 logements vides. »

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