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EMMAÜS FRANCE
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Bâtir des abris pour ceux qui n’ont pas de toit

Les Bâtisseurs d’Emmaüs construisent des maisons démontables, en palettes de récupération. Objectif : créer des emplois, tout en apportant une solution d’hébergement à des familles en difficultés.

Aubervilliers, vendredi 23 novembre, 10h du matin. Fred et Pascal apportent les dernières finitions à l’installation d’eau chaude de la maison. Ils vérifient que tout fonctionne parfaitement : dans quelques heures, les occupants prendront possession des lieux. L’odeur de peinture fraîche est perceptible, les mûrs sont immaculés, l’ordre règne. Depuis un an, les neuf ouvriers en insertion des Bâtisseurs d’Emmaüs travaillent sur ce chantier, qu’ils finalisent aujourd’hui : deux maisons d’habitation en enfilade, de 60m2 chacune, et construites à 60% avec des matériaux de récupération. La première est d’ores et déjà occupée, une famille s’étant installée trois jours auparavant après des mois de galères, de passages d’hôtels en hôtels. Quant à la seconde, la vie et les rires des enfants ne tarderont pas à l’égayer.

Famille

Privilégier l’humain

Créés en 2007 sous la houlette de la communauté Neuilly Emmaüs Avenir, et constitués en association indépendante en 2011, les Bâtisseurs d’Emmaüs sont animés par la volonté de construire des abris pour ceux qui n’ont pas de toit, « dans la droite ligne du premier combat de l’abbé Pierre, rappelle Solven Dromson, directrice de la structure. La première lutte était celle du mal-logement, les premiers compagnons étaient des bâtisseurs ! ». Cet atelier et chantier d’insertion propose aujourd’hui tout type de constructions, de rénovations et de réhabilitations, pour des collectivités locales comme pour des groupes Emmaüs. Conçu pour offrir un emploi à des personnes éloignées du monde du travail ou issues de la grande précarité, ce chantier d’insertion a choisi de privilégier l’humain, une caractéristique à souligner dans un secteur où il est généralement question de rendement et de travail harassant. « Nos bâtisseurs sont là pour se reconstruire, tout en construisant », ajoute Solven Dromson. « J’ai quitté plusieurs sociétés car le facteur humain n’était absolument pas pris en compte, témoigne Fred, qui s’occupe de la logistique et du matériel sur le chantier d’Aubervilliers. Je ne viens pas à reculons le matin : ici on n’est pas qu’un numéro de feuille de paye ! ».

Matériaux de récupération

L’autre spécificité propre aux Bâtisseurs concerne leur procédé de construction : priorité aux matériaux de récupération ! Ainsi, les deux maisons d’Aubervilliers, à ossature bois traditionnelle, ont été « remplies » avec près de 350 palettes, ces accessoires utilisés pour la manutention et le transport des marchandises. « Nous voulions montrer qu’avec des matériaux simples nous pouvons faire des choses dans le respect des normes de construction, ajoute Solven Dromson. C’est cela, aussi, notre interpellation ! » Et cette démarche s’inscrit pleinement dans la logique de réemploi chère au Mouvement Emmaüs : considérées comme des déchets, les palettes permettent pourtant aujourd’hui de construire des maisons, et d’abriter des familles jusqu’alors en situation de mal logement. Les maisons d’Aubervilliers, fruits d’un partenariat entre la ville, Habitat solidaire et les Bâtisseurs, sont en effet destinées à des personnes en attente de logements sociaux ou habitant dans un quartier voué à la démolition. Plusieurs familles s’y succèderont ainsi, pour des durées de six mois à un an, en attendant que la municipalité puisse leur proposer une solution plus pérenne. Quant aux Bâtisseurs d’Emmaüs, si ce chantier touche à sa fin, ils ne se retrouveront pas pour autant au chômage technique : sur le terrain de la construction et de la réhabilitation, en effet, les projets ne manquent pas.

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